Si le Deuzan était tout bon, le troizan est mûr à point!


A vous les mères en devenir, accomplies ou épouvantées.... Je suis de retour!

Vous vous en souveniez de cet hymne à notre courage face à notre quotidien de mère devant faire pousser le plus droit possible un petit être devenu démoniaque à peine le seuil des deux ans atteint?
Et bien tout ce que vous aviez lu et peut-être retenu, n’est rien comparé à mon expérience du troizan, dernier d’une fratrie de trois.
Si le deuzan ne vous laissait aucun répit, le troizan est encore pire dans son genre, vous testant à chaque instant afin de mesurer qui, de vous deux, craquera le premier.
Vous voulez encore des exemples? J’imagine que oui puisque je vous entends pensez tout haut “mais vraiment, je suis certaine qu’elle exagère, juste pour nous faire peur...” ....Vous allez bientôt comprendre que si je vous fais peur, ça n’est certainement pas parce que j’exagère!
Le troizan doit faire sa place. Après tout c’est bien normal, arrivé en troisième position, il doit bien nous montrer qu’il existe! Mais ça ON LE SAVAIT QU’IL EXISTE!
Et sa place, c’est à la hache qu’il la fait! Voire à la tronçonneuse, des fois (quoique là, ça doit être mon esprit qui se met en mode auto défense et protection et qui imagine des trucs atroces, juste pour se faire du bien dans le virtuellement irréalisable! Un échappatoire en quelques sortes).

Moment choisit : mercredi 14 juillet, 15H environ, dans un shopping Bruxellois
Déjà, vous aurez compris le choix du “shopping” un jour d’été. Avec trois enfants, on évite de devoir en décrocher un du pneu arrière d’une bagnole inattentive (parce que bien entendu, c’est pas un de mes petits anges qui fera preuve d’inattention!).
Après deux heures de shopping (presque rien que pour eux en plus, dévotion dévotion...) absolument nécessaire (c’est pas qu’ils n’ont plus rien à se mettre, mais ce sont quand même les soldes quoi, ne laissons pas les bonnes affaires qu’aux autres!), je décide que nous rentrons.  Je pense que mon groupe est relativement homogène quand au principe du repliement stratégique jusqu’à la bagnole, direction la piscine!
Sauf le troizan (qui geint depuis une heure parce qu’il sait pas marcher! - pourtant moi, je me rappelle bien l’avoir muni de deux gambettes à la conception, et même qu’elles fonctionnent bien, quand IL veut - ) qui a décidé de s’imposer, pour la 25ème fois de la journée. Vous voyez, dans les centres commerciaux, il y a un gros con qui a imaginé ses petits manèges individuels, des brols à 1 euro les 30 secondes en forme de moche porsche, de ridicule poisson ou de cheval boiteux? Je suis certaine que vous voyez! Sauf que moi, j’ai toujours imposé cette règle : c’est non!
C’est non et ça restera non! Pourquoi? Parce qu’il y en à 15 dans le centre commercial, que si je dis oui une fois, je suis bonne pour me taper les 15! Et ça, c’est hors de question!
Mais, le papa a dit oui une fois (grrrrrrrr)....C’est foutu! A chaque fois, j’y ai droit!

“Mamannnnnnnnnn ze veux ça mwaaaaaaaaa!!!!”
“Nan!”
“Alléééééééééééééééééééééééééééééééééééééééééééééé (en se jetant par terre, sinon c’est moins drôle)
“Nan!”

C’est là que je deviens stratégique et que je décide.....de lui apprendre la leçon! (faut le mater le ptit troizan, pour l’exemple!)

“Et bien, puisque tu ne veux pas me suivre, tu restes là et moi je m’en vais, au revoir petit troizan, seul dans le centre commercial plein de méchants-qui-prennent-les-enfants-et-les-mangent-tout-cru-au-petit-déjeuner! “!

Et là je m’éloigne, non sans avoir la gorge qui se noue et les yeux qui se greffent à l’arrière de mon crâne (tiens, c’est bien moche comme métaphore ça!) et surtout je fais mine que “je m’en fiche, si je le perds, j’en fais un nouveau”!
Je marche...D’un pas décidé...
Je marche...D’un pas décidé...
Je marche...D’un pas décidé...

...Et il s’en fiche!
Pire! Un garde s’approche de lui, histoire de voir si ce petit amour, perdu, seule au milieu d’un centre commercial est un “vrai enfant abandonné”... Le ptit troizan le regarde, le jauge du haut de son “même pas un mètre” et...planque sa tête dans son avant bras pour pas le voir et se barre!
Il est mort de trouille! Ca se voit! ....Tu parles!
Bon, là, plus le choix, obligée de faire demi tour et d’expliquer au gardien que j’étais là, que tout était sous contrôle, qu’en vrai je veux pas l’abandonner!

Mais....Le ptit troizan m’a vu revenir sur mes pas...
Et c’est là qu’en mille je vous demande ce qu’il a fait ensuite?
(A ce moment précis de l’histoire, j’ai l’impression d’être dans ces livres de mon adolescence, où nous étions les héros, où nous devions choisir la suite la plus proche de notre vision de l’histoire!)...Et bien sachez que la suite de cette histoire-ci n’a rien de “proche de mon histoire idéale “ ...
Alors le ptit troizan, vous pensez qu’il est penaud, heureux de me retrouver parmi cette foule de gens pas gentils qui veulent tous le prendre pour le ramener chez eux et que plus jamais il verra sa maman d’amour?     NAN!
Le ptit troizan se barre en courant dans le sens opposé!
Il se barre!
Et moi je suis obligée de ressembler à ses mères que je regardais d’un air assez méprisant qui se retrouvent à cavaler derrière leur petit dernier qui s’enfuit en se marrant!
humiliation maternelle!
Mais je cours vite, ouf!
Je rattrape le petit amour qui...Se marre toujours!
Et que tout le monde me regarde!
MAIS VOUS AVEZ PAS AUTRE CHOSE à FICHE QUE DE ME REGARDER, NAN, LES GENS!?! (Mémo à vous lectrices : ne regardez plus cette mère, déjà bien assez atteinte dans son amour propre maternel que pour en plus, supporter votre oeil critique de la mère pas logée à la même enseigne que vous! Voilà, c’est dit!)

Ca c’était l’exemple numéro un!
Après, il y a la quinzaine d’exemples du jour, chacune plus savoureuse que la précédente!

Et puis il y eu cette dame, plus âgée, qui avait passé le temps d’avoir un ptit troizan aussi adorable!
Cette scène-ci se passe dans ma salle de sport, où je vais avec les trois car il y a aussi une piscine familiale (Mheu nan, je veux pas le noyer, juste le défouler un peu, le mettre KO quoi!). Et là, pendant que, telle une sirène je me glisse dans mon trikini (Bon, ok, un simple deux pièces mais ligné bleu/blanc, up to date, toujours, même dans l’adversité!), le ptit deuzan met la cabine commune à l’envers, déplaçant les meubles à sa guise!
Très vite je lui dis de remettre immédiatement tout ça en place...
“Nan!”
...Et on est reparti!
Mais c’est là que la dame intervient...Et lui balance un “Tu vas écouter ta maman et remettre ça en place tout de suite!”. - Oeil menaçant-
Au départ, je suis le genre de mère qui déteste carrément qu’on fasse des remarques à ses gosses! Zut quoi, chacun les siens et si t’as envie de te mêler des affaires des autres, vise ailleurs parce que moi et ma susceptibilité, on va devoir te causer ensuite!
Mais là, j’ai rien dit! J’ai observé l’attitude du petit déménageur.
Il avait l’air embarrassé! OUF! (La honte absolue si il lui avait décroché un “nan” dans les dents!).
Il a fini par remettre tout en place et la dame de me parler...
Me confiant avoir eu deux garçons (Respect dans mes yeux!) et se permettant de m’encourager à ne pas baisser ma garde, à tenir bon! A me dire qu’elle en avait eu un comme le mien (ils sont donc nombreux, mon dieu!), qu’elle lui avait fait faire plein de sport, mais surtout qu’il ne fallait jamais abdiquer, que c’était terrible de voir qu’à l’heure actuelle beaucoup de mères se laissent dépasser et que ça fait des enfants mal élevés, que c’est terrible.
Sans vouloir paraître vieille tarte, je dois reconnaître que j’étais assez d’accord avec la dame, et surtout que ça faisait du bien qu’on me dise, entre les lignes “Ca n’est pas de votre faute, c’est le modèle qui est comme ça, vous faites bien, je sais que ce n’est pas facile, vous n’avez pas l’air d’une dingue qui est toujours sur le dos de son fils mais d’une mère responsable”!
Je vous jure, le bien que ça fait!
Après ça, j’ai été à la piscine et j’ai joué avec mon fils! On a passé un bon moment tous ensemble, moi, comme délestée de cette pression de “A quoi je ressemble dans mon costume d’hystérique dépassée par un ptit troizan minus”, lui, content de pouvoir se défouler et de trouver, malgré ce qu’il m’en avait fait voir cette journée-là, une maman aimante et gourmande de jeux et de câlins!

Dans la voiture, Clara a eu une théorie intéressante. Sujet de la conception, toujours bouillant à aborder mais sa conclusion fût la suivante : Si la moitié du bébé est chez la maman et l’autre moitié chez le papa, avant que le bébé ne se fasse, et comme on dit que les filles sont plus intelligentes que les garçons (bein oui, on dit ça, c’est vrai quoi!) et bien je pense que quand le bébé est une fille, la partie supérieur, où il y a la tête, vient de la maman et quand c’est un garçon, c’est l’inverse, la partie supérieur vient du papa!
Moi je trouve que ça se tient! (Pourquoi dans ma tête j’ai une vision d’un plat de crevettes grises à décortiquer?)

Et pour finir mon étude en milieu hostile, je terminerai en disant que ce soir-là, en le mettant au lit, le ptit troizan m’a attrapé, me serrant fort et me disant tout bas “Tsé maman, moi ze t’aime à la folie-folie!”... Allé, je le garde encore un peu, demain est un autre jour...Qui sait!

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